Aude Bauguin : Père, vous partez dans quelques jours aux Philippines. Dans quelles villes, communautés vous rendez-vous ?

P. Jean-Michel Amouriaux : Oui c’est une joie pour moi de retourner à la rencontre des Eudistes et des candidats aux Philippines. Mon premier contact reste très présent dans ma mémoire, et avec des relations qui se sont tissées depuis quelques mois. Je me rends à Manille et certainement j’y resterai, dans la communauté de formation, mais j’irai certainement dans le centre spirituel des Eudistes ou dans les paroisses où exercent les Eudistes ; j’espère aussi pouvoir sortir de Manille, peut être chez les sœurs contemplatives du Bon Pasteur. En général, le programme de mes séjours est établi par les confrères, et je me laisse conduire !

Vous avez déjà rendu visite à cette région au début de votre généralat : pourquoi y retourner déjà ?

Effectivement je suis allé aux Philippines en avril dernier dans le cadre de la visite canonique en vue de la nomination du Supérieur provincial. J’avais alors dit que je reviendrai, plus longuement, pour rencontrer les confrères, les Sœurs du Bon Pasteur et les Petits Sœurs des Pauvres. J’interviendrai dans le cadre du temps spécial de formation eudiste, en transmettant ce que je perçois de la spiritualité de saint Jean Eudes, en particulier sous l’angle de la christologie de notre Fondateur. Je viens aussi dans un cadre précis depuis l’Assemblée qui a demandé au Conseil général de s’engager davantage sur l’avenir de cette fondation. Dans notre jargon interne, nous parlons de projet de Congrégation, ce qui implique un engagement direct du Conseil général, pour discerner avec les intéressés les voies d’avenir, les besoins de formation, les implications économiques… Le projet de Congrégation a été confié à la Province d’Amérique du Nord qui a beaucoup investi depuis 12 ans, en lien avec les autres Provinces, autant sur le plan financier que sur le plan du personnel. Il y a actuellement un confrère des Etats-Unis et un autre du Bénin. Des engagements financiers se poursuivent, assurés par la Province et par l’administration générale, et par la communauté locale. C’est en concertation avec les intéressés sur place, avec le Supérieur et le Conseil de cette Province que j’accomplirai cette recherche pour l’avenir. Nous sommes à un moment charnière de la vie de cette fondation, car la croissance du nombre d’Eudistes aux Philippines requiert de poser des choix : pour les implantations missionnaires dans le cadre de notre charisme, pour trouver des sources de financement de manière à assurer progressivement l’autonomie, pour chercher à inculturer la vie eudiste aux Philippines.

La cause du doctorat avance, un site internet a été inauguré : comment se passe la diffusion de la spiritualité eudiste aux Philippines ? y a-t-il déjà des associés là-bas ?

De manière intéressante, je vois que le livre de Mgr Luc Crépy et de Sr Marie-Françoise Le Brizaut a été traduit en anglais et édité aux Philippines, avec la préface du Cardinal Tagle, archevêque de Manille. C’est un signe prometteur, montrant les possibilités de production en langue anglaise. C’est en effet un grand défi pour nous de produire davantage de matériel eudiste en anglais ; nous le faisons avec les Sœurs de Notre Dame de Charité du Bon Pasteur dont l’anglais est aujourd’hui la langue principale. Les Eudistes en Californie sont de la même Province et je pense qu’une collaboration se met en place dans ce cadre.

Quant aux associés, il n’y en a pas encore aux Philippines mais j’avais posé la question l’an dernier de la possibilité de réunir quelques personnes dans ce cadre ; certainement, cette réalité de la Congrégation va se mettre en place dans cette fondation qui n’a, rappelons-le, que 12 ans.

Les Sœurs de Notre-Dame de Charité du Bon Pasteur ont beaucoup œuvré pour l’établissement d’une communauté eudiste aux Philippines. Avez-vous prévu de les rencontrer ?

Oui, bien sûr ! Il y a au quotidien de nombreuses relations entre les congrégations fondées par saint Jean Eudes. Une journée est prévue avec les Sœurs. De plus, sur une partie de mon séjour, sr Marie-Françoise Le Brizaut sera présente pour intervenir auprès des candidats en temps spécial de spiritualité eudiste. J’encourage beaucoup, ici et partout où je passe, pour renforcer les relations et les collaborations entre nos instituts. Je suis persuadé que nous avons beaucoup à recevoir de la manière de vivre la spiritualité eudiste par les Sœurs, par les diverses cultures, et cela vaut aussi par la manière de vivre la spiritualité par les associés, dans leur expérience propre.

Quelle est votre priorité pour cette fondation aux Philippines ?

Ce qui est pour moi prioritaire est la transmission de notre ADN Eudiste ; cela s’est fait depuis le début mais il faut continuer, notamment par le biais de la formation de nos propres candidats. Lorsque saint Jean Eudes nous demande de servir de manière prioritaire les prêtres, leur formation et leur accompagnement, c’est un appel à une grande responsabilité, auquel nous ne pouvons répondre que par la qualité de notre formation. Et cela passe par la qualité de la formation que nous offrons à nos formateurs ! Je souhaite parler de ce sujet essentiel avec les confrères aux Philippines.

Interview réalisée pour CJM-Rome| Communication

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